Nous avons vu en janvier comment il fallait procéder pour concevoir
un nouveau jardin d'agrément, si l'on fait réaliser celui-ci par un
paysagiste et une entreprise. Dans le cas du jardin potager, on ne
peut pas envisager de s'adresser à une entreprise, il faut le
concevoir soi-même. La façon dont nous vous présenterons
l'organisation de votre jardin n'est pas conforme aux vieilles
méthodes de jardinage, car depuis un quart de siècle, matériel et
produits ont évolué, et cependant, hélas, on continue souvent de
donner aux amateurs les mêmes recommandations qu'autrefois en
matière de jardin potager.
• Pour réussir un potager
Prévoyez une exposition ensoleillée, éviter l'ombre portée des
arbres ou des bâtiments. Seul un jardin potager bien exposé peut
être productif. L'alimentation correcte en eau est un second facteur
de réussite. Créer un jardin potager sans possibilité d'arrosage
permanent, même en été, serait une erreur. Le sol du jardin de
légumes doit être perméable. Son enrichissement est toujours
possible, dans la mesure où le sol est homogène sur 0,40 ou 0,50 m
d'épaisseur. La forme du jardin potager doit être régulière : par
exemple rectangulaire ou carrée. Suivant l'outillage utilisé le
tracé ne sera pas le même. Celui travaillé exclusivement au
motoculteur ou avec un engin équivalent doit être conçu tout en
longueur. Il est plus facile de remplacer un outil au cours d'une
ligne de travail que de faire plusieurs fois une manœuvre. Avec un
engin motorisé il faut abandonner le principe du jardinage en
planches, pour y substituer celui du jardinage en longues bandes.
Les passages de communication doivent aussi toujours prévoir les
manœuvres et circulation du matériel.
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Les
communications : Les simples passages à pied en terre
battue semblent les plus faciles à concevoir. Leur
largeur est en moyenne de 0,50 m. C'est en février
qu'il est bon de prévoir leur tracé. La solution de
l'allée gazonnée nous paraît bien préférable.
Économique, elle ne nécessite pour tout entretien que
quelques fauches en cours de saison. Elle présente
l'avantage majeur d'être praticable sans trop
«d'encrassement» même en hiver. On peut aussi envisager
la mise en place de dalles préfabriquées en béton armé
pour permettre les communications à pied et le passage
de brouettes ou engins mécaniques. L'allée doit avoir
alors 0,90 à 1,20 m de large.
L'assolement : Rien ne remplace un petit plan fait sur
papier quadrillé, lequel comportera pendant 3 ou 4 ans
la liste des plantes qui vont se succéder. En ce domaine
il ne faut pas trop se fier à sa mémoire. L'assolement
peut être légèrement transgressé si le sol a reçu un
amendement important en volume ou s'il a été fortement
retourné (labour profond). |
•
L'équipement
A
proximité d'un bâtiment, il est toujours intéressant d'avoir un ou
deux châssis avec chauffage de fond électrique. En rase campagne
c'est le fumier qui jouera ce rôle (voir couche chaude). Quand on
dispose d'un point d'eau sous pression, il peut être avantageux de
brancher un pipe-line complémentaire d'arrosage. Celui-ci s'articule
avec des joints standard à l'alimentation principale. On pose le «
pipe » en terre à 10-15 cm de profondeur et environ tous les 15 m on
branche dessus une sortie d'eau. Il suffit à l'amateur de fournir à
son détaillant un plan du réseau qu'il veut établir et on lui
confectionnera les tubes aux dimensions désirées. Les cloches en
verre continues, treillages en plastique de palissage, plastiques de
protection anti-évaporation sont autant d'équipements maintenant
entrés dans les habitudes chez les maraîchers. Les cloches de verre
continues permettent de hâter les cultures en pleine terre (en
moyenne de 6 à 15 jours), les filets plastiques type Netlon, suivant
la largeur des mailles, peuvent avoir plusieurs rôles. Mailles fines
: palissage vertical de la tomate, du haricot ou du pois. Mailles
larges : support pour les fleurs à couper.
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• Préparation du
sol enfin d'hiver :
Outre le fait
que février soit un très bon mois pour repenser la
conception du jardin potager, c'est aussi l'une des
meilleures époques pour améliorer la nature de son sol.
L'humus, entre autres, doit être présent en quantité
suffisante. C'est lui qui détermine la fertilité. Il faut
pour améliorer le terrain des amendements, qui améliorent la
nature physique et des engrais, qui enrichissent le sol
chimiquement. Certains légumes tels que les artichauts,
carottes, céleris, choux-fleurs, épinards et poireaux sont
très exigeants, il ne faudra en aucun cas négliger leur
fertilisation. Pour gagner du temps, en cours de végétation,
on pourra utiliser de l'engrais liquide en pulvérisation. |
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• Répartition du travail
Contrairement au jardin d'agrément qui nécessite un travail à peu près
constant tout au long de l'année, le potager, lui, demande de gros
efforts en une courte période : la préparation du sol en
janvier-février, ainsi que les tracés nouveaux. Prévoir 8 à 10 heures de
préparation pour 400 m2. Ensuite en mars, avril et mai, viennent les
périodes de semis et repiquage (voir ces mois). De juillet à octobre,
les travaux deviennent moins importants, pour être presque nuls en
novembre, décembre.
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